samedi 15 septembre 2012

CHINE: Made in China





Me croiriez-vous si je vous disais qu'une diplômée de l'Université de Luoyang en Sciences et Technologie ignorait qu'à peu près tout ce qu'on consomme au Canada et partout dans le monde vient de la Chine ??  Incroyable mais vrai !! 
C'est en discutant avec cette jeune femme qu'on a vraiment compris à quel point l'information est contrôlée par le gouvernement chinois.  Curieusement, c'est dans un petit village de l'arrière-pays qu'on a fait sa connaîssance.  Venue à notre rencontre pour essayer de nous sortir de l'attroupement qui venait de se former autour de nous (comme d'habitude...), elle nous accompagna dans un petit resto.
C'est là qu'on a su qu'après quatre ans d'université, ses parents ainsi que la pression sociale ont exigés qu'elle revienne vivre à la maison car ils avaient semble-t-il besoin d'elle.  Impossible de se trouver un emploi dans ce village perdu au milieu de nulle part et pas question de déménager à Beijing, encore moins d'immigrer dans un autre pays ...!!  Quelle tristesse, mais surtout quel gaspillage de talent et de savoir...
Très peu de gens peuvent quitter le pays car les procédures sont fastidieuses, les visas exorbitants et le compte en banque doit être garni d'au moins 100,000 yuans, ce qui fait environ $16,000.  Qui peut se permettre ça ? Le peuple est tellement pauvre !  Ici ce n'est pas la simplicité volontaire qui prévaut, mais bien la simplicité obligatoire...Les gens passent leur triste vie dans la misère, la saleté, le bruit incessant, la poussière, le smog, les déchets, les égoûts à ciel ouvert, l'insalubrité...et finissent par crever sans avoir connu autre chose. 
Mais à quoi tient le bonheur ???  A bien peu de choses...

"Tout est relatif "prend maintenant tout son sens pour nous !



Cérémonie funéraire



Un tas de terre par-dessus le défûnt en guise de tombeau


Mis à part les coutumes chinoises qui sont diamétralement opposées aux nôtres, c'est la barrière de la langue vécue au quotidien qui nous ramena à l'évidence que l'humain est un animal social.
Sans la communication...on peut parfois trouver le temps long !




Les midis, on s'arrête en bordure de route pour manger quelque chose, mais neuf fois sur dix les menus sont écrits en chinois.  On se promène de table en table pour voir ce que les autres mangent, pointant ceci ou cela en guise de commande.  Mais comme souvent ce "menu" ne nous ouvre pas nécessairement l'appétit, je m'invite dans les cuisines pour voir ce qu'il y a de disponible...Et là, je vous le dis qu'il faut avoir le coeur bien accroché !!!
Heureusement et par miracle on n'a jamais été malades.

On avait l'intention de suivre un cours de mandarin durant la saison des pluies (juillet et août), et à notre grand bonheur cette saison n'est jamais arrivée !  Selon les statistiques il tombe des cordes durant cette période, mais on a eu droit à 3 jours de pluie seulement...changements climatiques obligent.  C'est avec nos deux livres de poche qu'on s'est bien débrouillés.  Ils contenaient la phrase la plus utile:  Bout Ming Bail ! (Je comprends pas!).  Et lorsque les gens continuaient de nous parler malgré la répétition de cette phrase, on disait simplement:  Bout Ming Bail !  Ming Bail Mâ ??  (Je comprends pas.  Comprends-tu ??).  C'est de cette façon qu'on s'est rendus compte qu'ils ne parlaient pas mandarin mais bien un dialecte...un des 75 existants.


Ça vous tente d'apprendre le mandarin ?



Si un jour vous allez en Chine, il est bon de savoir que:

- Les chinois n'étaient pas là quand la courtoisie et la politesse sont passées...
- Les chinois ont la mauvaise habitude de cracher par terre et surtout dans les endroits  
publiques.
- On vous présente constamment de fausses factures dans les hotels et les restos, ça leur
évite de payer le 17% de taxes, qu'ils mettent par contre directement dans leur poche.
- Le non respect des règles est de mise surtout en ce qui concerne l'interdiction de fûmer
dans les restaurants...les serveuses founissent même les cendriers !
- Les bébés ne portent pas de couches, mais ont plutôt des pantalons fendus de l'avant
vers l'arrière...de cette façon c'est plus facile de l'amener sur le bord de la route
pour qu'il fasse ce qu'il doit faire...à moins que la mère n'ait pas été assez rapide.
- Les tampons...connaîssent pas !
- La police est partout mais complètement inutile, ne bougeant pas le petit doigt à la vue
d'infractions majeures...on dirait qu'ils sont là uniquement pour faire du temps !
- Sur les routes, c'est l'anarchie la plus totale car la seule règle de conduite qui existe
est la suivante: s'il n'y a rien devant, tu fonces surtout sans regarder à gauche ni à droite.  Il ne faut pas user la pédale de frein mais plutôt le klaxon. 
- A défaut d'apprendre le mandarin il est très sage de connaître le langage du klaxon:
Petit put put: Salutations...wow c'est trippant vous faites un voyage à vélo !
Moyen put put: Attention je passe à côté de toi et je vais te frôler.
Gros put put: Tu te tasses où je t'écrase !!!

- Dans un voyage organisé qui vous permet seulement de voir les grandes villes
comme Beijing, Shanghai, Xi'an ou autres lieux très touristiques, vous n'aurez pas
l'opportunité de voir la vraie Chine telle qu'elle est en réalité.



Ne dit-on pas qu'une image vaut mille mots ?


Le côté positif du trois mois et trois semaines que nous y avons vécu est le fait que nous avons trouvé les chinois très accueillants chez eux (permission d'installer notre tente).  Quand on demandait un renseignement (trouver notre route par exemple), il était évident qu'ils voulaient vraiment nous aider...et ce même si un pointait dans une direction et l'autre dans la direction opposée !!!


SCÈNES DE LA VIE QUOTIDIENNE,
PETITS MALHEURS ET GRANDS BONHEURS:



Le dîner est prêt !


















Discours matinal du patron à ses employés






Malgré moi... je suis bien entourée non ?



C'est pas tous les jours facile je vous dis...






On cuisine où on peut !



Ouais...qu'est-ce qu'on fait ??



Ahhh...le bonheur avec les enfants !
L'amour est universel...mais
 aucun d'eux ne remplaceront mes petits-enfants !



Art martial pratiqué sur la place publique



C'est rigolo non ??



Johanne et Pedro

jeudi 13 septembre 2012

CHINE: Un milliard trois cent millions



La suite de notre périple en Chine se poursuit à travers des moments parfois réjouissants, surprenants ou plutôt désagréables. 






Depuis déjà sept mois que nous sommes en Asie,  c’est en Chine que l’adaptation est la plus difficile.  En effet, ce continent est selon nos valeurs une vraie poubelle à ciel ouvert, mais c’est la Chine qui remporte la palme d’or du dépotoir à grande surface!   Au quotidien, ces visions dégoûtantes deviennent pour moi de plus en plus insupportables.  Il m’arrive même de me sentir comme « Popa dans la P’tite Vie» tellement je deviens obsédée par les vidanges alors qu’il nous faut parfois jusqu’à une journée complète avant de trouver une vraie poubelle !  Car même si nous voyageons en vélo, il ne faut pas se cacher qu’on produit nous aussi des déchets.



Et ce n’est pas l’explosion démographique qui règlera cette grave problématique qu’en apparence la politique du contrôle des naissances semble bien maîtriser.  En effet, on nous a raconté que si les deux parents sont eux-mêmes enfants uniques, le couple a le droit d’avoir deux bébés avec quatre ans d’écart, sinon un seul bébé est autorisé par l’Etat à moins que ce ne soit (qu’) une fille…Pas étonnant que ce pays procède au plus grand nombre d’avortements au monde à moins bien sûr d’avoir un compte en banque assez garni…A l’extérieur des grandes villes il y a moins de contrôle, et par crainte d’être pénalisés les parents ne déclarent pas à l’Etat la nouvelle naissance, ce qui prive l’enfant de l’obtention de sa carte d’identité.  Il reste alors contraint à demeurer caché dans les campagnes le reste de sa vie…Triste sort.
Encore ici malheureusement, force est de constater que la femme n’a toujours pas sa place dans la société et est considérée inférieure à l’homme.  Lors d’une invitation à souper chez une famille vivant dans une petite ville, grand fût notre étonnement de remarquer qu’il y avait deux grandes tables; une pour les hommes seulement et l’autre pour les femmes et les enfants. 
Les hommes buvaient de la bière et de la boisson forte tandis que les femmes se contentaient de jus ou de boissons gazeuses.  Durant tout le souper, aucun homme n’a levé le petit doigt pour aller se resservir, tâche qui était bien évidemment réservée aux femmes.  Aussi, les deux tables n’étaient pas garnies des mêmes plats, bien meilleurs semblaient-ils du côté des hommes.  En Asie, la coutume veut qu’on place tous les plats au milieu de la table (en général un par convive) et chacun pige dedans avec ses baguettes contrairement ou chacun a sa propre assiette devant lui dans les pays occidentaux.  A la fin du repas, cinq des six hommes se sont allumés une cigarette en même temps ce qui a tôt fait de nous mettre des ressorts dans les jambes !  On a compris que c’était pour eux une façon de se relaxer avant d’aller faire la vaisselle…(ironie, vous aurez compris)!  Oui, définitivement, le mouvement féministe a des croûtes à manger !!.....C’est quoi ça ???
Il ne faut jamais oublier que derrière chaque Grand Homme il y a une Grande Femme.


La majeure partie de notre temps se passe cependant dans les campagnes puisque depuis Harbin c’est beaucoup plus frais et ça nous permet de camper.



Chaque fois qu’on demande la permission d’installer la tente pour une nuit, nous avons l’impression d’être perçus comme des bêtes de cirque.  Dès le début, je suis confiante et très contente d’avoir déniché un endroit tranquille puisqu’il n’y a que deux ou trois personnes dans l’entourage.  A mon grand désarroi, plus les minutes passent plus les gens s’agglutinent autour de nous de façon exponentielle comme si quelqu’un avait sonné une alarme de feu quelque part et ce, jusqu’à ce qu’on ne soit plus visibles sous la tente !  Le mot « privacy » est exclu de leur vocabulaire…Par chance qu’il n’y a que moi qui en souffre car pour Pedro il n’y a jamais assez de monde autour de lui !




Comme on amorce la période de mousson qui s’étend du début juillet à la fin août, il nous est arrivé certains jours d’avoir un aperçu de ce que ce doit être dans la pire période des crues…  Après un seul gros orage, voyez l’allure de la route…Ça fait pitié à voir !



Dans une population, afin de contrer ce genre de désagrément redondant annuellement, il y aura toujours des gens prévoyants, plus brillants que les autres et ayant une vision à long terme…




Mais moi je préfère le vélo !!!





Johanne et Pedro

mardi 5 juin 2012

CHINE: 您好!





Aux portes de la Chine !!  Moi qui dans mon imaginaire ai toujours considéré ce pays très mythique, comme inaccessible…le bout du monde quoi !  Eh bien nous y voilà !!
Sitôt la frontière passée, une toute nouvelle adaptation nous attendait…et de pied ferme !  Car se débrouiller avec les panneaux indicateurs sur la route…c’est carrément du chinois !
-« D’après toi c’est à gauche ou à droite» ???  Par chance que Pedro a un bon sens d’observation et d’un seul coup d’œil peut distinguer d’infimes détails dans ces hiéroglyphes.  Dans le doute, je sors ma boussole qui, je l’avoue n’a jamais autant servie!
Se dirigeant pourtant toujours vers le nord, la chaleur écrasante et l’humidité ne nous abandonnent pas pour autant…Depuis déjà cinq mois qu’on surexploite nos glandes sudoripares, c’est d’un commun accord qu’on décide de voler vers le grand nord chinois.  Harbin est notre destination, mais l’avion le plus proche se prend à Nanning.  Je me surprends souvent de dire à Pedro : –« Si on peut geler»!



C’est avec désenchantement qu’on est arrivés à Nanning après 62 km/188km de routes en chantier.  L’environnement est laid partout où notre regard se pose.  L’eau et la nourriture sont difficiles à trouver et surtout, les gens sont loin d’être sympathiques à notre égard.  On les salue joyeusement  d’un –« Knee how »! (bonjour!) et personne ne répond ni n’envoie la main…Ils restent de glace en affichant un air bête.
On a l’impression d’être passés dans une zone vraiment particulière car dans la même journée on a vu un couple assis sur le bord de la route au milieu de nulle part qui avait étrangement une physionomie d’australopithèque!  Quelques heures plus tard une sorte d’homme des cavernes à demi caché dans un fossé observant les gens d’un regard hagard…Le lendemain j’ai vu l’Homme de Pékin !  Comme un animal qui a peur, une femme qui marchait dans la rue s’est écrasée par terre dès qu’elle nous a vus…!!  Décidément, à ce jour les chinois ne nous avaient pas beaucoup épatés…




C’est d’ici qu’on s’envole vers Harbin, ville située au nord de la Chine et réputée pour ses palais de glace.  C’est là qu’on pourra enfin mieux respirer.  On pourra dépoussiérer nos vêtements chauds car le mercure a baissé de 20 degrés et le taux d’humidité n’a rien à voir !

  

 Depuis, c’est un tout autre Univers qui nous réconcilie avec la découverte de ce nouveau peuple!  Dans cette ville très moderne et surpeuplée, les gens sont souriants, curieux et contents de nous voir si bien que tout le monde veut nous prendre en photo !  A ma grande surprise, je suis même rendue la coqueluche des chinoises.  Sur notre passage, ce ne sont plus les hommes qui me regardent mais bien les femmes et celles avec qui j’ai l’occasion d’échanger quelques mots d’anglais me disent d’un air admiratif –« Very beautiful »!!  Je représente probablement leur idéal de la femme blanche occidentale.
Very beautiful est aussi la Cathédrale Ste-Sophia dont l’architecture est d’influence russe.  L’intérieur laissé à l’abandon est cependant moins réjouissant…

  



Presque partout où l’on va, c’est facile de constater que la Chine est un pays prospère et en développement à vitesse grand V.  C’est impressionnant de voir le nombre de grues et d’édifices en construction dans la moindre petite ou grande ville.  C’est donc avec plaisir qu’on s’est sauvés vers la campagne avec ses paysages plus bucoliques.

 Ici, plus que jamais c’est la campagne avec son milieu agricole omniprésent, ses routes parfois abimées et surtout ses rizières à perte de vue pendant des jours et des jours !










 








Encore plus à la campagne qu’à la ville, les gens sont accueillants et très généreux.  Qu’on s’arrête le midi pour manger dans un petit resto ou qu’on demande simplement l’hospitalité pour monter notre tente pour la nuit, c’est unanime ils veulent tous un souvenir de notre passage dans leur cellulaire !  Ce qui donne lieu au quotidien à des photos de groupe avec tous les membres du personnel ou la moitié du village !

 







Lors de ces belles rencontres, c’est étonnant de voir la constante dans les questions qui nous sont spontanément posées, la première étant la plus difficile et délicate à répondre à savoir : d’où on vient ?  On vient du Canada, mais on parle français à la maison.  Essayez-donc de leur expliquer ça!  On est des canadiens-français-québécois-d’Amérique Française…!!  Qui n’a pas encore vu Elvis Gratton ???  Quand ils font semblant d’avoir compris, ils veulent savoir où on s’en va comme ça avec tout notre attirail.  –« Tu as quel âge »? vient tout de suite après, puis –« Êtes-vous mariés »? et finalement –« As-tu des enfants »?

Des bons Samaritains nous aident parfois à trouver notre route et vont même jusqu’à nous aider à se trouver un endroit où passer la nuit…sauf que parfois il est préférable de ne pas avoir d’interprètes qui tentent de convaincre le propriétaire du terrain de nous laisser monter la tente...La police n’aurait pas eu à nous déloger de là en nous escortant vers l’hôtel le plus proche à peine une heure après qu’on soit tombés dans les bras de Morphée !  Une mauvaise aventure que je n’ai plus envie de revivre.


 
La vie est faite de hauts et de bas, de positif et de négatif.  Et on dirait qu’à chaque fois qu’un événement très positif ou très négatif arrive, immanquablement comme pour rééquilibrer le tout, l’opposé survient le lendemain.  C’est ce qu’on a vécu en rencontrant  quatre cyclistes sportifs et fort sympathiques.  Ça m’a remise de bonne humeur de l’événement fâcheux arrivé la veille !



PHOTOS QUI NOUS ONT RENDUS HEUREUX, TRISTES OU PLUTÔT PERPLEXES :






Quand nous sommes passés devant, nous n’étions pas certains…
Mais en achetant de l’eau, tristement nous avons eu la confirmation.




 Un chaleureux merci à Pierre Martin qui nous a si gentiment offert de mettre ce blogue en ligne!

Johanne et Pedro